L’article « Des arrêts maladie pour motif de chien malade » a attiré mon attention.
Il a tellement attiré mon attention que, pour la première fois, je me suis mis à lire les réactions en ligne des autres lecteurs. J’en ai tiré 4 conclusions importantes – et moins importantes (à l’attention des managers parmi nous).
1. Il faut l’admettre : les animaux ont la cote !
Les signes d’affection envers les animaux sont légion. Cochon d’Inde ou perroquet, et bien sûr chien ou chat : « Ce sont comme des enfants pour nous ! », entend-on dire. De nombreux salariés estiment que cela leur donne le droit de trouver des solutions, même si cela implique un arrêt-maladie (frauduleux). Mon toutou avant tout ! Un employeur ou manager se doit de réfléchir à cette nouvelle tendance.
Personnellement, j’y souscris totalement. La vie en entreprise doit prendre en compte l’aspect humain en général et les besoins particuliers de chaque individu. D’innombrables exemples montrent qu’en effet nous tentons souvent de formuler des contenus sur mesure pour les assujettir aux besoins de l’humain et de l’individu, qu’il s’agisse de contenus de poste, d’objectifs ou même de petites choses de la vie. Même les grandes entreprises adoptent cette façon de penser, par ex. via la prise en compte des talents, les contrats de projet et d’autres outils. C’est clairement l’avenir.
2. Les plateformes de lecteurs feraient bien d’utiliser des correcteurs d’orthographe :-).
3. C’est une réalité de la vie de tous les jours
Nous avons, au jour d’aujourd’hui, croisé plusieurs milliers de managers dans nos formations sur l’absentéisme. Nous observons que dans plus de 8 groupes sur 10, un des participants prend ce cas de figure comme exemple vécu. Le type d’animal peut naturellement varier (le chat occupe la première place),mais l’histoire est toujours la même : l’animal est mort ou malade, ou a disparu, et de ce fait je ne peux pas aller travailler. Le médecin m’a remis un certificat.
Mais, indépendamment de la question de savoir si cette façon de faire est légitime ou pas, ce que cela révèle en termes de changement sous-jacent est qu’un employé a sa propre opinion personnelle et agit en conséquence, quoi que pourraient en penser son supérieur ou l’entreprise. L’histoire « animal malade = arrêt (maladie) de travail » n’en est qu’un exemple. Autres exemples courants : « Mes congés servent à prendre des vacances, donc si j’ai besoin de congés supplémentaires en plus des vacances, je dois les obtenir autrement », ou bien « Je ne veux pas travailler en trois-huit quand j’ai la garde des enfants », ou encore « Pour mon job complémentaire, je dois pouvoir appeler régulièrement pendant mes heures », ...
Ces « caprices » sont-ils le reflet de l’individualisation de la société ? Du fait que nous exprimions davantage nos besoins personnels ? Ou que nous soyons plus égoïstes ? Une chose est certaine : les gens expriment leurs attentes, et parfois les imposent. Et l’entreprise est souvent démunie face à cette nouvelle attitude.
4. Quelle est votre position ?
D’après notre expérience (dans les grandes entreprises, hors PME),nous constatons que les managers se laissent souvent faire dans ces nouvelles situations. Ils tiennent à se montrer flexibles envers leurs collaborateurs et trouvent difficilement une raison de s’opposer au souhait de l’employé et d’exprimer leur propre point de vue. Les dispositions légales ne sont évidemment d’aucun secours, vu qu’un certificat médical est sans appel !
Pourtant, les managers devraient, à l’instar de leurs collaborateurs, communiquer eux aussi leurs propres normes. Ainsi, ils pourraient dire par ex. : « Je trouve qu’il n’est pas correct que vous preniez un arrêt-maladie quand votre chien décède », ou bien « Je trouve inacceptable que vous reportiez cette tâche à plus tard à cause de votre activité complémentaire », ou encore « La pratique de votre sport ne doit pas influer de la sorte sur votre travail » ...
En tant que manager, il convient de communiquer ce genre de normes pédagogiques. En fin de compte, c’est bien votre responsabilité ! Nous trouvons normal de le faire lorsqu’il est question d’exigences de qualité, d’une baisse de productivité, ou même des valeurs que nous défendons pour l’entreprise. Alors pourquoi pas au sujet d’aspects plus personnels comme évoqués plus haut ?
Conclusion (finale)
Comprenez-moi bien : l’un n’empêche pas l’autre. Il s’agit de transmettre à la fois nos propres normes et celles qui défendent les droits de l’individu. Les unes n’excluent pas les autres, tout l’art consiste à les rendre compatibles.
Mais cela suppose beaucoup de choses, par exemple des aptitudes à la communication, mais aussi des lunettes spéciales permettant de discerner ce qui est acceptable ou pas dans ce monde VUCA – volatile, incertain, complexe et ambigu –, où les règles ne sont qu’une source d’infos parmi d’autres.
Prenez position !
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